Inducteur de l'endormissement
Propriétés/Effets
Le Dormicum est un hypnotique caractérisé par un prompt début d'action et un bref séjour dans l'organisme. Plusieurs études cliniques contrôlées ainsi que divers essais menés en laboratoire de sommeil ont démontré que le Dormicum réduit le temps d'endormissement et allonge la durée du sommeil, sans affecter quantitativement le sommeil REM. Les phases de veille sont réduites et le sommeil a un effet réparateur plus marqué.
D'une manière générale, le temps d'endormissement après l'ingestion du Dormicum est inférieur à 20 minutes, la durée du sommeil redevenant normale par rapport à l'âge du patient.
Chez les patients traités à la posologie adéquate, produisant une durée de sommeil appropriée, il n'a été observé aucune atteinte des performances ou de la capacité de réaction.
Le midazolam, principe actif du Dormicum, possède également des propriétés anticonvulsivantes, anxiolytiques, sédatives et myorelaxantes.
Pharmacocinétique
Absorption
Après administration orale du Dormicum, le midazolam est absorbé rapidement et complètement.
La concentration plasmatique maximale de midazolam 0,5 à 1,5 heure après la prise d'une dose unique de 15 mg est de 154 ± 51 ng/ml.
Distribution
Le midazolam est fortement lié (96-98%) aux protéines plasmatiques.
Le volume de distribution du midazolam après administration i.v. est compris entre 0,7 et 1,2 l/kg.
Métabolisme
Le midazolam est rapidement et complètement métabolisé via le cytochrome P 450 3 A.
Son principal métabolite, pharmacologiquement actif, est l'α-hydroxymidazolam.
30-50% du principe actif sont métabolisés dès le premier passage dans le foie.
Elimination
Les métabolites sont rapidement transformés en glucuronides et éliminés en tant que tels par les reins.
La demi-vie du midazolam est comprise entre 1,5 et 3,5 heures, celle de l'α-hydroxymidazolam étant de 0,8 à 1 heure.
La baisse de la concentration plasmatique s'effectue en deux phases, avec des demi-vies de respectivement 10 minutes (phase de distribution) et 1,5 à 3,5 heures (phase d'élimination).
Cinétique dans des situations cliniques particulières
Chez le sujet âgé, la demi-vie du midazolam peut être prolongée.
Indications/Possibilités d'emploi
Traitement à court terme des troubles du sommeil. Comme tous les hypnotiques, le Dormicum ne doit être employé qu'en cas d'insomnie significative.
Troubles du rythme du sommeil, troubles de l'endormissement ou difficultés à se rendormir après un réveil précoce.
Sédation dans le cadre de la prémédication lors d'une intervention chirurgicale ou diagnostique.
Posologie/Mode d'emploi
D'une manière générale, il est toujours fait appel à la plus faible dose efficace pendant une période aussi courte que possible.
Posologie usuelle
7,5-15 mg constituent la dose habituelle chez l'adulte.
Etant donné le prompt début d'action du produit, il convient de prendre le comprimé de Dormicum immédiatement avant le coucher avec du liquide, sans le croquer.
Une période d'au moins six heures de sommeil ininterrompu doit ensuite être assurée. Le risque d'amnésie antérograde doit être pris en considération (voir sous «Effets indésirables»).
Instructions spéciales pour la posologie
Chez les patients âgés et affaiblis, la dose habituelle est de 7,5 mg. Le cas échéant, cette dose peut également convenir aux patients présentant une atteinte légère de la fonction hépatique et/ou rénale. Selon les cas, le traitement peut être instauré à raison d'un demi-comprimé à 7,5 mg. Le plus souvent, la dose de 7,5 mg suffit à traiter les troubles du sommeil dus à des situations particulières.
La dose mentionnée ci-dessus peut être portée à 15 mg au maximum lorsque le traitement à la posologie recommandée et d'autres mesures telles qu'une meilleure hygiène du sommeil ou le traitement de l'affection sous-jacente, responsable de l'insomnie, demeurent inefficaces.
En prémédication chez l'adulte, si la préférence n'est pas accordée à l'administration parentérale, donner 7,5 à 15 mg de Dormicum per os 30 à 60 minutes avant l'intervention prévue (voir Dormicum Ampoules).
Le traitement ne doit généralement pas dépasser deux semaines; une durée plus courte peut être suffisante. Un traitement de plus longue durée peut s'avérer nécessaire, mais il doit être réévalué avec soin.
A la fin du traitement, il est recommandé d'arrêter le Dormicum progressivement. Les modalités de cet arrêt doivent être fonction des particularités du patient.
Limitations d'emploi
Contre-indications
Hypersensibilité aux benzodiazépines; patients avec antécédents de dépendance à l'alcool et/ou aux drogues et d'abus d'alcool et/ou de drogues; insuffisance respiratoire sévère; insomnie chez l'enfant; trouble grave de la fonction hépatique, myasthénie et syndrome des apnées du sommeil.
Le Dormicum n'est pas indiqué en tant que seul traitement des psychoses et des dépressions accompagnées d'insomnie (risque de suicide lié à ces maladies). Dans de tels cas, il convient de traiter d'abord l'affection de base.
Précautions
En cas de traitement simultané par des médicaments exerçant une sédation centrale ainsi que par des substances inhibant le métabolisme du midazolam par le cytochrome P 450 3 A, telles que l'érythromycine, les antifongiques azolés, le saquinavir ou la cimétidine, tenir compte des observations figurant sous «Interactions».
Le patient doit être mis en garde contre une consommation simultanée d'alcool, une telle association pouvant renforcer les effets indésirables des deux substances.
Etant donné que les interactions entre le Dormicum, d'une part, l'alcool ou d'autres médicaments agissant sur le SNC, d'autre part, peuvent perturber le comportement habituel, il convient d'éviter de consommer de l'alcool avant le traitement ou pendant ce dernier. Eviter également d'administrer le Dormicum à des patients recevant déjà d'autres médicaments d'action centrale.
Limitations relatives
Comme avec d'autres médicaments à effet sédatif, la posologie doit être établie avec prudence chez les patients présentant des modifications organiques cérébrales, une insuffisance respiratoire ou un mauvais état général (sensibilité accrue aux médicaments).
Vigilance, capacité de réaction
Compte tenu de ses propriétés, le Dormicum peut compromettre la capacité à conduire un véhicule ou à commander des machines dangereuses (voir sous «Effets indésirables»).
Les patients doivent donc être invités à ne pas conduire ou à ne pas commander de telles machines aussi longtemps que leur attention et leur capacité de réaction normales ne sont pas garanties. Ils doivent renoncer à toute activité de ce genre au cours des sept à huit heures suivant la prise du médicament.
Dépendance
La prise de benzodiazépines peut mener à une dépendance. Ce risque augmente lors de traitement prolongé, lors de posologie élevée ou chez les patients prédisposés. Les symptômes de sevrage surviennent surtout après une brusque interruption du traitement et se limitent, dans les cas bénins, à des tremblements, de l'agitation, des troubles du sommeil, de l'anxiété, des céphalées et des troubles de la concentration. Toutefois, d'autres symptômes tels que sudation, crampes musculaires et abdominales, troubles de la perception et, dans de rares cas, délire et convulsions cérébrales peuvent se manifester.
Selon la durée d'action de la substance, les symptômes de sevrage apparaissent quelques heures à une semaine, voire plus longtemps, après l'arrêt du traitement.
Afin de réduire au maximum le risque de dépendance, les benzodiazépines ne doivent être prescrites qu'après examen approfondi de l'indication et doivent être prises pendant une période aussi brève que possible (comme hypnotique, par exemple, pas plus de deux semaines en général). La nécessité de poursuivre le traitement doit être périodiquement réexaminée. Un traitement prolongé n'est indiqué que chez certains patients (par exemple, lors d'états de panique), et son bénéfice, compte tenu des risques, est moins évident.
Afin d'éviter les symptômes de sevrage, il est conseillé dans chaque cas d'arrêter progressivement le traitement en réduisant les doses par paliers. Si, toutefois, de tels symptômes surviennent, une surveillance médicale très étroite et la prise en charge du patient sont nécessaires.
A l'arrêt du produit, même après une utilisation de courte durée, les troubles du sommeil peuvent réapparaître pour quelques nuits. Ce phénomène peut être le plus souvent atténué par un arrêt progressif.
Grossesse, allaitement
Catégorie de grossesse D. Certains indices laissent clairement entrevoir, pour le foetus humain, un risque lié à la prise de benzodiazépines pendant la grossesse. Aussi le Dormicum ne doit-il pas être pris pendant la grossesse, en particulier au cours du premier trimestre, sauf indication absolue, en l'absence d'alternative thérapeutique présentant un moindre risque.
Lors de l'utilisation de benzodiazépines pendant les derniers mois de la grossesse ou pendant le travail, des effets indésirables tels que dépression respiratoire, hypothermie et hypotonie peuvent se produire chez le nouveau-né. Pendant la période postnatale, le nouveau-né peut présenter des symptômes de sevrage.
Le midazolam peut passer dans le lait maternel, ce qui pourrait entraîner une somnolence chez le nourrisson et lui ôter l'envie de têter. Le Dormicum ne doit donc pas être pris par les femmes qui allaitent.
Effets indésirables
Fatigue, somnolence diurne, baisse de la vigilance, confusion mentale, céphalées, faiblesse musculaire, ataxie.
Ces effets indésirables surviennent principalement au début de l'administration du produit et disparaissent généralement après réduction de la dose ou au fil du traitement.
Des réactions paradoxales telles qu'agitation, excitabilité, excitation, agressivité, hallucinations et troubles du comportement sont connues pour survenir en relation avec la prise de benzodiazépines. Elles sont plus fréquentes chez les patients âgés et nécessitent l'arrêt du traitement ainsi qu'une surveillance adéquate et une prise en charge des malades.
Très rarement, des réactions allergiques (éruptions cutanées, par exemple) peuvent se produire.
En cas de traitement de longue durée, une dépendance médicamenteuse peut survenir chez les patients prédisposés, comme c'est le cas avec tous les hypnotiques, sédatifs et tranquillisants.
Une dépression non décelée peut être identifiable sous Dormicum.
Amnésie antérograde: les patients empêchés de s'endormir ou étant réveillés au cours des premières heures suivant la prise du Dormicum peuvent, dans de rares cas, présenter des épisodes amnestiques relatifs à des actions courantes accomplies pendant les phases de veille. Un comportement inhabituel peut être associé à l'amnésie antérograde. Il est connu que de tels épisodes surviennent plus souvent chez les patients soumis à un stress psychologique particulier. Ces patients ne doivent pas prendre de Dormicum.
Interactions
La prudence est de rigueur lorsque le Dormicum est pris en même temps que des médicaments exerçant une sédation centrale et/ou de l'alcool, en raison d'un renforcement mutuel des effets de ces produits.
Il s'agit, par exemple, des neuroleptiques, des tranquillisants, des antidépresseurs, des hypnotiques, des stupéfiants, des antiépileptiques ou des analgésiques et des antihistaminiques d'action centrale. Lors de la prise simultanée de Dormicum et de stupéfiants, l'euphorie et, de ce fait, le risque de dépendance psychique, peuvent être augmentés.
Après administration orale, la concentration plasmatique de midazolam est accrue (augmentation de plus du double de C max et de t 1/2 ) si le produit est pris en association avec l'érythromycine. Il en résulte une potentialisation de l'effet sédatif du midazolam. Des données in vitro montrent que l'hydroxylation du midazolam est bloquée par de nombreuses autres substances qui inhibent spécifiquement le cytochrome P 450 3 A. Un renforcement cliniquement important de l'effet du midazolam a été confirmé avec l'érythromycine, le diltiazem, le vérapamil, le kétoconazole, l'itraconazole, le saquinavir, la cimétidine et la ranitidine, mais pas avec la ciclosporine et la nitrendipine.
En cas de traitement concomitant par l'érythromycine ou la cimétidine, la dose usuelle de Dormicum doit être réduite de moitié ou des trois quarts avec l'érythromycine et des deux tiers environ avec la cimétidine.
Une modification beaucoup moins marquée de la concentration plasmatique, sans potentialisation de l'effet sédatif, a été observée après l'administration i.v. de midazolam; la prudence est toutefois de rigueur.
La prise simultanée d'autres médicaments exerçant une sédation centrale (neuroleptiques, stupéfiants, par exemple) ou d'alcool fait courir le risque d'une dépression respiratoire compromettant le pronostic vital.
Au cours des essais cliniques, le Dormicum a été administré en même temps que divers médicaments tels que des antidiabétiques et des anticoagulants oraux. Aucune interaction n'a été observée.
Surdosage
Un surdosage peut se traduire par les symptômes suivants: fatigue, ataxie, sommeil profond, amnésie et dépression respiratoire. Dans de tels cas, il convient de procéder à une surveillance médicale et à un lavage gastrique, si ce dernier peut être pratiqué rapidement après la prise du produit. Chez les patients éveillés, administrer éventuellement du charbon actif. L'administration d'Anexate® (principe actif: flumazénil), antagoniste des benzodiazépines, est recommandée en tant que traitement spécifique.
Comme c'est le cas lors de surdosage d'autres sédatifs ou hypnotiques, il est essentiel d'assurer la perméabilité des voies respiratoires et de surveiller les fonctions vitales.
Remarques particulières
Le médicament ne peut être utilisé que jusqu'à la date indiquée sur le récipient par EXP.